Vous êtes ici : Conférences | Recherche sur le site

Organisées par l’Association des Amis du Patrimoine Médical et le Conservatoire du Patrimoine Médical de Marseille, les conférences ont lieu, le deuxième jeudi de chaque mois, d'octobre à juin, à 17H 30, dans l’amphithéâtre HA1 de l’hôpital Timone Adulte - RdC - Entrée libre
Vous trouverez en archives, au format pdf à télécharger, les anciennes conférences depuis 2001 Archives ti

Calendrier et présentation des prochaines conférences
 

Jeudi 11 octobre 2018
Le Chevalier Roze, entre mythe et réalité
Conférencier : Professeur Jean-Louis BLANC, Président de l'Association des Amis du Patrimoine Médical de Marseille

Le Chevalier Roze est bien connu à Marseille pour son action héroïque durant l’épidémie de peste de 1720 qui a ravagé la ville, et son souvenir demeure très présent dans l’imaginaire collectif marseillais. Cependant le reste de son existence est beaucoup moins bien connu.
Nicolas Roze est né à Marseille en 1675. Son père, Firmin Roze était maitre-charpentier des galères et la famille habitait quai de Rive Neuve. Son frère ainé, Claude se lancera dans le commerce maritime.
Le parcours de Nicolas Roze le situe successivement à Marseille, puis à Alicante où il va participer à la guerre de Succession d’Espagne ce qui lui vaudra à son retour d’être mandé à Versailles et présenté au Roi Louis XIV qui le nommera Chevalier de Saint Lazare et de Notre Dame du Carmel.
Il occupera ensuite le poste de vice-consul aux Echelles du Levant, plus précisément à Modon en Morée, région du Péloponèse alors occupée par les Turcs où il restera 3 ans avant de revenir à Marseille en 1720, au moment de l’épidémie de peste au cours de laquelle il se comportera héroïquement.
Cependant, immédiatement après l’épidémie, son action a été controversée, il fut soit adulé et porté aux nues, soit vivement critiqué par ses compatriotes.
Après sa mort à Marseille en 1733, son souvenir s’effacera petit à petit de la mémoire des marseillais, et il faudra attendre un siècle et les commémorations à l’occasion du centenaire de l’épidémie de peste pour que l’on parle à nouveau de lui.
Cette conférence tentera à la lumière des sources disponibles, de séparer la réalité de ce que l’on appellerait aujourd’hui des «fake news», et de brosser de lui un portrait relativement « objectif » en retrouvant ce qui, à Marseille, rappelle aujourd’hui son souvenir.

Jeudi 8 novembre 2018
Mesmer, charlatan ou visionnaire ? - Conférencier : Dr Pierre LEMARQUIS – neurologue.

Franz Anton Mesmer (1734- 1815) docteur en philosophie, en théologie et en droit, étudie la médecine à Vienne sous la houlette du baron van Swieten. Musicien averti, Il introduit en Autriche un instrument étrange, l’harmonica de verre, et se lie d’amitié avec la famille Mozart. Ancré dans la médecine médiévale, il soutiendra en 1766 sa thèse très « musicale » sur l’influence des planètes sur les humains tout en préfigurant Claude Bernard et ses notions d’équilibre et d’harmonie. Il pensera découvrir dans le magnétisme minéral, puis animal, la puissance cosmique vitale et s’en croira dépositaire, multipliant les guérisons. Ignorant qu’il ne devait ses succès qu’à son charisme et à ses pouvoirs de suggestion, il demeurait conscient qu’il n’excellait que dans les pathologies dépourvues de lésions tissulaires, celle qui ne s’appelaient pas encore psychosomatiques, et que les patients n’étaient pas tous réceptifs à son art. Victime de son succès, il sera chassé de Vienne mais triomphera à Paris, suscitant l’agacement de Louis XVI. Le monarque commandera une commission scientifique rigoureusement dirigée par Benjamin Franklin, aidé entre autres de Lavoisier, Jussieu et du docteur Guillotin qui rejettera le magnétisme animal. Moins de 70 ans plus tard Jean-Martin Charcot, premier titulaire d’une chaire de neurologie, accréditera la suggestion et l’hypnose et rédigera en fin de carrière un ouvrage sur « la foi qui guérit » qui influencera Freud. Pour l’écrivain Stephen Zweig Mesmer était le « premier médecin rationnel moderne qui ait constaté l’action suggestive et salutaire que peuvent avoir sur les maladies nerveuses la présence, les paroles, et la volonté d’un individu. »


Jeudi 13 décembre 2018
Napoléon Ier, un véritable musée pathologique ? - Conférencier : Dr Jacques DI CONSTANZO - Président de la Société Napoléonienne de Marseille.

Napoléon, hyperactif dans tous les domaines, avait dans son jeune âge une santé fragile avec une maigreur surprenante qui ne l’empêcha pas de surmonter, par sa seule volonté, les pires épreuves durant ses campagnes militaires. Mais tout ceci devait progressivement changer et « Bony », l’osseux comme le surnommaient les Anglais allait progressivement, avec l’âge et le pouvoir, prendre du poids pour finalement atteindre un certain degré d’obésité. C’est cependant lors de l’exil à Sainte Hélène, de 1815 à 1821, que les diverses pathologies devaient se révéler avec l’inactivité et l’ennui. Les médecins successifs dépêchés auprès de l’Empereur, B. O’Mehara, J. Stokoe et F. Antommarchi ont décrit son état clinique au jour le jour pendant sa captivité puis heure par heure les jours précédant sa mort le 5 mai 1821 à 17h49 après avoir prononcé à haute voix « tête de l’armée ». C’est l’autopsie pratiquée le lendemain de la mort de l’Empereur qui devait confirmer les différentes pathologies. Les premiers signes cliniques, à type d’angiocholite, évocateurs d’une lithiase biliaire apparaissent dès 1817. Un trouble du transit intestinal associé à des douleurs abdominales intermittentes et à un météorisme fréquent, témoignent d’une vraisemblable colite chronique. Des cystalgies associées à une dysurie pourraient évoquer une infection urinaire récidivante à moins que les signes pulmonaires associés, à type de toux, dyspnée et sueurs nocturnes, n’attestent d’une possible tuberculose. A partir de septembre 1819 sont signalés les premiers signes cliniques du cancer de l’estomac, épigastralgies, nausées, vomissements, associés à un empâtement épigastrique douloureux à la pression tandis que l’état général s’altère et que s’installent un amaigrissement important et une asthénie intense. La mort devait survenir des suites de la perforation du cancer de la petite courbure gastrique dans le petit épiploon dans un tableau de syndrome abdominal aigu suivi de défaillance cardio circulatoire. « Ainsi s’éteignit le souffle de vie le plus puissant qui jamais anima l’argile humaine » (François René de Chateaubriand).






Archives des précédentes conférences

Vous trouverez en archives, les résumés des conférences classés par année depuis 2001.


© Association des Amis du Patrimoine Médical de Marseille
Dernière mise à jour : 10 septembre 2018